.......................pour un été d'écritureS et de rencontreS..................
Une femme.
Assise dans un relax,
Elle était là,
Si pâle,
Son teint diaphane,
Pourtant, un peu de rose
Sur ses joues,
Eclairait son petit visage.
Sa beauté étrange,
Ses yeux clairs,
On aurait dit une poupée de porcelaine.
Les hommes qui passaient
La regardaient.
Elle était perdue dans ses rêves.
Elle se leva doucement,
Elle portait une longue robe blanche,
Des sandales également blanches.
Près d'elle se trouvait un rosier.
Elle cueillit une fleur.
La mit dans ses longs cheveux bruns.
Ce rouge et sa pâleur,
Lui allaient à merveille,
On aurait dit un ange
Elle rentra chez elle,
Juste en face et bientôt,
Elle ferma les volets
Et la belle dame blanche
Disparut comme elle était venue.
Retour:
Cette femme décrite, me semble aussi être celle d'une image mouvante, celle d'une photographie sépia qu'une pensée nostalgique viendrait animer très lentement, puis faire disparaître.
Dans ce poème la mémoire réveille et surprend des images autant fixes que mouvantes (elle est capable de telles choses!)
Cette femme presque fantomatique que tu décris Murielle me rappelle les "amoureuses" d'Apollinaire dans les poèmes : Annie, Marie (Marie- Laurencin) Clothilde.
A relire avec plaisir dans "Alcools", publié en 1912.
Cécile
Le jour se couchait,
L'ombre de son corps
S'allongeait à mesure
Qu'il avançait
Vêtu d'un sombrero
Qui cachait la moitié
De son visage
On devinait
Sa longue barbe
Son jean n'était pas
Très propre
Il fumait
Et marchait au hasard
Puis, il entra dans
Un café,
Cinq minutes après
Il ressortit
Avec une jeune fille
On le voyait nettement
Maintenant la soixantaine
Il disputait la fille
Tu te rends compte
De l'heure qu'il est
Je t'avais dit de rentrer
Pour 8 heures
Tu ne m'écoutes pas
Tu ne sortiras plus.
La jeune fille lui dit :
"Ecoutes papa j'étais
Avec des amis;
Tu a vu que je ne faisais
Rien de mal
L'homme se tut un instant,
Puis lui dit :
"Tu as raison, ce n'est pas
Parce que ta mère m'a quitté,
Que je ne dois pas avoir
Confiance en toi."
On va rentrer, mais la
Prochaine fois
Rentre à l'heure,
Car je m'inquiète
Il l'embrassa tendrement
Sur la joue.
Il essuya furtivement
Une larme qui coulait
Sur sa peau ridée
Et ils rentrèrent
Chez eux, bras dessus-
Bras dessous
En riant et en chantant.
Retour :
Si le poème précédent semble mettre en mouvement une image fixe, celui-ci nous renvoie au cinéma et révèle aussi ton goût pour les histoires de vie, ici tu nous livres une scène émouvante qui pourrait effectivement être extraite d'un film, tout comme les vers " Le jour se couchait, l'ombre de son corps s'allongeait... on le voyait nettement" pourraient aussi appartenir à un scénario car les éléments descriptifs sont précis et saisisants (lumière et cadrage) tout en étant poétiques.
Ce poème m'évoque le dernier film de Claire Denis : "35 rhums", il relate l'histoire d'un père qui vit avec sa fille, laquelle grandit et se prépare à vivre sa vie.... C'est une très belle relation père-fillle!
Un grand merci à toi Murielle pour ces deux textes.
Cécile
michel f.
est sur la dernière page
je voudrais parler de lui
et de son sommeil lointain bien que
sur la photo
il n’apparaisse pas
plutôt
même l’inverse
la tension
joueuse de son sourire
caché presque
montré
par un doigt qu’il glisse sur ses lèvres mais
ne m’empêche pas
de penser
là même
sur la photographie de lui
que je regarde
d’y voir
toute la justification du sommeil
rêvé
voulu
dans ce carnet sa
lente et continue clairement
veille coudée de bonze assis
rendue
à la fin
même
même
ici
n’en doutez pas
Né en 1969 à Meknés (Maroc), vit à Nïmes.
Membre du comité de rédaction de la revue L’Animal, pour laquelle il
écrit des notes sur le cinéma et l’image.
poésie
• L'Œil bande ( Deyrolle éditeur, 1997)
• Et je suis dehors déjà je suis dans l'air (Édition Unes, 2000)
• Son / corps / flottant ( Didier Devillez, 2000)
• Vertébral (Didier Devillez, 2002)
• Portrait de têtes (Éditions Prétexte, 2002)
• Tout notre aer se noirci & Du Bartas, La Sepmaine (Éditions
1 : 1, 2003)
• Suivantes (Didier Devillez, 2004)
• Mémoire du Mat (Virgile, 2006)
autre
• Strates, Cahier Jacques Dupin (sous la direction d'E. L),
Édition Farrago/ Léo Scheer, 2000
• Sans rien dire, postface à De nul lieu et du Japon de Jacques
Dupin
Édition Farrago/ Léo Scheer (2001)
• Singularités du sujet (8 études sur la poésie contemporaine), sous la
direction de Lionel Destremau et E. L, (Prétexte éditeur, 2002)
• Pluralités du poème (8 études sur la poésie contemporaine), sous la
direction de Lionel Destremau et E. L, (Prétexte éditeur, 2003)
— A paraître en 2004 : 14 poètes, une anthologie critique, sous la
direction de Lionel Destremau et E. L (Prétexte éditeur)
2. cécile de Vadrouilles le 07-07-2009 à 21:47:21
En fait les textes répondant à cette consigne sont à envoyer sur la boite mail de Vadrouilles et non pas en commentaire de cette rubrique.
Merci à tous
et c'est une lettre de Françoise Coopmann, Présidente de Vadrouilles :
Rue Vieille du Temple. A la terrasse du Pick Clops qui a gardé tout de son cachet d’antan mes souvenirs se bousculent. Une fillette assise sur le gazon devant l’hôtel de Ville de Paris. Autour d’elle, des pigeons. Granma lui prend la main. Ils s’envoleront… Rue de Rivoli. Ses arcades se succèdent au rythme des pas. Au loin, la musique de l’orgue de barbarie mêlée au brouhaha. Rien à voir avec le rock ambiant du bar d’où je vous écris ! Un jour, le jeune macaque perché sur l’épaule du musicien qui tourne inlassablement la manivelle lui a mordu le pouce. Granma l’avait prévenue ! J’aime les oiseaux, pas les singes. .. Bientôt la tour Saint Jacques. Les rues s’entremêlent… A cet âge là aucun enfant ne sait s’orienter ! Le square et ses bancs. Elle s’installera à côté de Granma… Rue des Rosiers. Si elle ne distingue pas sa droite de sa gauche, elle sait qu’il faut attendre au feu. La boucherie a disparu. A sa place l’As du Falafel. Plus besoin de tourner la tête pour éviter les viandes étalées dans leur mollesse ni de se pincer le nez. Et vous, quelles images, quelles odeurs, quels bruits gardez-vous de vos instants d’enfance ? … Rue Vieille du Temple. Je n’ai pas reconnu le grand porche noir de notre immeuble. Dans la cour pavée de l’hôtel, j’ai levé la tête et regardé jusqu’aux toits d’ardoise les pierres de grès enserrant les fenêtres. Balayé du regard les murs de briques rouges. Granma racontera qu’il y a longtemps coiffures, robes élégantes, dentelles précieuses, soies vertes, étoffes d’or et d’argent y virevoltaient. Les beaux esprits y tenaient salon. Le Grand Paris ! Elle racontera aussi ses angoisses, les talons barbares des bottes de cuir noir, les voix hurlantes qu’elle ne comprenait pas. Les voisins ne sont jamais revenus. Une nouvelle famille s’est installée. Mon café est froid.
Les travaux de "Trajectoires 2" ont été exposés ainsi que les réalisations 2008 et 2009 en art postal, nous avons aussi pris plaisir à "reconstituer" ce qui pourrait être un fragment du mur rue d'Arras il y a quelques temps... disons un clin d'oeil à ce mur de collages, oeuvre éphémère....
Voici quelques vues de l'exposition :
1. FannyH le 04-06-2009 à 20:28:02
Ouaouh !!!
Elle esy belle cette expo...ca donne envie d'y aller en vrai...Mais au fait, quels sont les horaires d'ouverture de la Médiathèque ??
2. BRIBRI le 04-06-2009 à 20:50:07
Je pense que la 2e séance a lieu le 20 juin, et non le 21, webmaster...
Commentaires
1. KAF le 09-08-2009 à 10:57:15 (site)
Intéressant ton blog ! A plus pour un com plus construit ... Bon dimanche